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De retour dans les TAAF!

Le grand départ pour les Terres Australes et Antarctiques Françaises (TAAF), de la Réunion où j’ai passé quelques jours, est enfin arrivé, le 7 novembre. J’ai la chance de pouvoir repartir à Kerguelen, dans le cadre d’une campagne d’été, pour faire du terrain pour ma thèse en Australie, en collaboration avec le Centre d’Etudes Biologiques de Chizé ! Je pars pour 3 mois, dont 2 mois sur place, pour travailler sur l’écologie alimentaire des manchots papous et des cormorans de Kerguelen ; une aubaine pour moi qui rêver de repartir dans les TAAF depuis ma mission de 2011/2012 !

Le Marion a appareillé, comme je le disais, le 7. S’en est suivi une traversée de 5 jours pour arriver dans l’archipel de Crozet. Un peu avant 10h, le 12 novembre, les premières terres apparaissaient derrière les brumes, dans une ambiance magique ; après des jours de navigation, plus ou moins monotones pour certains car on ne voit aucune terre, c’est toujours un grand moment. Certains découvrent avec émotion leur nouvelle maison. Pour d’autres, c’est une étape intermédiaire bien accueillie – surtout pour ceux qui souffrent du mal de mer car la traversée était un peu agitée, avec parfois des creux de 6 à 8 mètres. L’opération portuaire, ou OP dans notre jargon, y a duré 3 jours. Elle n’a pas été facile à cause de la météo, comme souvent dans ces régions, à cause de vent fort qui empêchait parfois l’hélico de voler, et des fortes brumes qui ont poussé le responsable des opérations logistiques – l’OPEA – a annulé des manips prévues à Pointe Basse notamment, au nord de l’île. Comme un rappel, s’il était nécessaire, que dans ces coins du monde, ce n’est pas l’homme qui décide, mais bel et bien la nature !

Malgré cela, nous avons eu la chance de pouvoir descendre à Crozet ! J’étais ravie, d’autant plus que je n’avais pas pu y mettre les pieds lors de mon passage il y a 3 ans. Nous avons même eu droit à un buffet digne de son nom sur base, sans devoir nous contenter de sandwiches ! Le chef cuisto avait fait un boulot fabuleux ! J’ai pu faire un petit tour de la base mais le plus impressionnant était bien sûr la visite de la manchotière en Baie du Marin ! Je l’attendais, comme beaucoup, avec impatience ! 12 000 couples de manchots royaux, que l’on sentait et entendait avant même de voir la colonie, évoluent dans cette zone, entourés de prédateurs et charognards dont les skuas, les goélands dominicains et les pétrels géants toujours aux âguets ! Il y avait également des chionis, petits oiseaux blancs, pour finir de ramasser les restes ! Pour certains aussi, c’était l’occasion d’admirer leurs premiers éléphants de mer, posés nonchalement au milieu des manchots ! Un spectacle extraordinaire donc ! D’autant plus que les animaux se comportent de façon totalement indifférente à notre présence ! Cela m’a rappelé la colonie de Ratmanoff – qui est bien plus grande cependant et de configuration différente – où j’avais passé près d’un mois à Kerguelen ; avec le vent qui soufflait, parfois assez fort, c’était une bonne remise dans l’ambiance et pour ceux qui n’y étaient jamais venu mais s’apprêtent à passer une campagne d’été ou un hivernage sur les districts, cela donnait un aperçu de ce qui les attendent !

Depuis le mouillage en Baie du Marin, nous avons eu la chance d’apercevoir, outre les manchots royaux qui barbotent parfois près du bateau poussés par la curiosité il semblerait, des orques ! Tout le monde guettait, pendant toute la durée de l’OP, la présence de ces mammifères marins charismatiques, avec espoir ! Elles sont passées un peu loin mais leur rencontre était magique ! Du côté paysage, en plus de lÎle volcanique de la Possession sur laquelle se situe la base Alfred Faure, nous avons pu observer d’assez près l’Île de l’Est, par moment bien dégagée, avec sa roche nue, ses sommets sur lesquels traînait un peu de neige, ses falaises escarpées et ses côtes découpées ! Le tout entouré d’un nuage de prions, des petits oiseaux blancs et gris, qui volaient dans l’attente de rentrer passer la nuit à terre, dans une lumière de fin du jour ! Encore une fois, des paysages de rêve, qui font penser aux documentaires de National Geographic, mais que l’on a enfin la chance de (re)voir en vrai, sous nos yeux ébahis ! Nous avons ensuite repris la pleine mer, direction Kerguelen, le 14 au soir.


Pour les ornithos dont je fais partie, la traversée n’est jamais monotone ! En effet, nous effectuons, dix minutes par heure, des comptages d’oiseaux marins – et de mammifères si nous avons la chance de les observer à ce moment là. Il est toujours fabuleux pour nous d’observer les oiseaux tourner autour du bateau, passant assez près ! Depuis la Réunion, et pendant les premières jours de traversée, nous rencontrons plutôt des espèces tropicales et c’est en général plutôt calme, puis arrivent les premiers oiseaux signe de l’austral, les pétrels à menton blanc. On aperçoit ensuite les premiers albatros, sur cette traversée, les grands albatros par exemple, et c’est toujours un grand moment, attendu par ceux qui ne les ont jamais vus comme par ceux qui les redécouvrent ! Ils sont tellement plus grands que les autres, qu’on les reconnaît généralement tout de suite ! Ensuite, la liste des albas observée se diversifie – albatros à sourcils noirs, albatros timides, albatros à bec jaune et à tête grise…. On peut également observer, plus près des côtes, des prions, des océanites, des cormorans et goélands, damiers du cap, pétrels à tête blanche et autres espèces ! En terme de cétacés, nous avons observé des souffles sans pouvoir forcément identifier les espèces mais nous avons croisé la route également des baleines à bosse, globicéphales ou pseudorques, dauphins… et observation extraordinaire, d’un requin marteau qui se baladait en surface !

Et puis en dehors des comptages, il y a également toujours plein de choses qui se passent sur le bateau – des formations, des réunions de planification, des conférences, des jeux, des séances de philatélie… Pour les photographes, il y a toujours de belles photos à faire, d’oiseaux et de paysages lorsque l’on est plus près des côtes ! Il est très intéressant d’aller discuter avec les uns et les autres et d’en apprendre plus sur leur spécialité. Il y a les plongeurs, les botanistes, les ornithos, les entomologues, les géologues, les agents de la réserve naturelle, les spécialistes des chats, les logisticiens, les militaires, les membres d’équipage et j’en passe ! Et puis nous avions aussi à bord Madame e Préfet des Terres Australes et Antarctiques Françaises, pour sa première rotation dans le cadre de sa prise de fonction. Nous avons tous eu l’occasion de discuter de nos programmes avec elle lors d’un repas en petit comité. Voilà pour l’organisation de la rotation ! Je reparlerai bientôt de notre arrivée à Kerguelen, dans quelques jours !

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Des possums et des bénévoles

Possum

Possums juvéniles

Je prends cette occasion pour vous parler d’une activité que j’ai pu faire en Australie quelques mois avant mon départ pour Kerguelen et que j’espère pouvoir reprendre à mon retour – le bénévolat pour Wildlife Victoria, une organisation à but non lucratif de protection des animaux. Une des bénévoles qui était venue avec moi sur le terrain sur les manchots pygmées, Melanie, m’avait fait découvrir cette asso dont elle était membre et m’avait donné envie de l’aider ! Cette organisation, basée sur la collaboration du public, intervient pour secourir les animaux natifs à l’Australie lorsqu’ils sont en détresse – pour des raisons diverses d’interactions avec l’homme. Ces animaux comprennent par exemple les kangourous, koalas, échidnés, possums, wombats, loriquets (une sorte de perroquets), les renards volants (des chauves-souris), j’en passe et des meilleurs ! La plupart du temps, ils ont été renversés par des voitures ou bien attaqués par des animaux domestiques tel que les chiens et les chats. Le standard téléphonique reçoit des appels du grand public du matin au soir, en semaine comme en week-end, et envoie des textos à leurs bénévoles les plus proches pour leur demander s’ils sont libres pour intervenir. Lorsque l’on répond positivement, on est alors en charge du cas en question et prenons contact avec les membres du public afin de confirmer les détails du sauvetage et de leur donner une heure d’arrivée ! Pour augmenter les chances de survie des animaux, il faut agir vite ! La plupart du temps, on juge sur place si il est oui ou non nécessaire et possible d’intervenir en toute sécurité pour les hommes et l’animal. Lorsque l’animal est capturé, il est en général amener chez le vétérinaire où il est soigné au besoin et est ensuite récupéré par un soigneur qui le prendra à domicile le temps nécessaire à sa réhabilitation voire à son sevrage pour les animaux orphelins, qui concernent surtout les marsupiaux qui gardent leur(s) petit(s) dans leur poche ventrale ! Cela peut prendre des mois d’engagement et de travail dur et fatiguant, notamment lorsque les jeunes nécessitent des nourrissages toutes les heures ! J’admire beaucoup ces gens qui donnent de leur temps et s’occupent, à temps complet, de leurs animaux, qui deviennent leur nouvelle famille ! C’est dans ce contexte que j’ai rencontré une soigneuse, Julie, qui est devenue ma référente lorsque j’ai des questions pour mener à bien mes sauvetages. Manque de temps, je ne peux en faire qu’un ou deux par semaine, mais elle est toujours là pour me conseiller ! Elle m’a également appris à manipuler possums et kangourous notamment, à leur donner le biberon et à les toiletter ! C’est toujours fascinant d’être au contact d’animaux dont on n’a pas l’habitude, notamment ces marsupiaux qui sont devenus le symbole de l’Australie et reste pour moi bien exotiques ! J’attends également avec impatience de pouvoir travailler sur les renards volants, ces chauve-souris qui passent dans le ciel de Melbourne à la tombée de la nuit et que je trouve tellement impressionnantes, notamment par leur taille ! Grâce à Wildlife Victoria, j’ai pu faire mes trois doses de vaccins contre la rage et je vais pouvoir travailler avec cette espèce à mon retour ! Etre bénévole pour une association pareille est un passe-temps parfois triste car l’on n’arrive pas toujours à sauver les animaux mais enrichissant et la récompense est grande quand on arrive à sauver, ne serait-ce que les petits dans leur poche, même si l’adulte est parfois déjà mort lorsque l’on arrive. Nous intervenons aussi sur la remise en liberté des individus après leur passage chez le vétérinaire et/ou le soigneur et c’est toujours une bonne expérience également. Dans un milieu super urbain comme Melbourne, il est agréable de constater que nous pouvons tout de même faire une différence et améliorer le bien-être de certains animaux !

Zosterops à dos gris

Zosterops à dos gris juvénile

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